Délit d'opinion: ald 23 décret no 2010-125 dépathologisation dépsychiatrisation patholigisation psychiatrisation transidentité
by July
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Le piège des maux ?
La nouvelle du week-end pour le monde trans et les mondes avoisinnants, c’est le relai par la presse d’un décret retirant le “trouble précoce de l’identité de genre” d’une liste qui fondait l’ALD 23, celle-là même qui recouvre des troubles mentaux lourds. Ce qui fait débat dans la seconde de cette annonce, c’est le choix du terme dépsychiatrisation.
Pourquoi tant de … de quoi d’ailleurs ?
Le terme dépsychiatrisation renvoie directement à la relation de tutelle des psychiatres aux trans. Or ce décret n’en change pas un iota. À la différence, par exemple, de la question de l’homosexualité qui une fois sortit de la liste des maladies mentales faisait disparaître, dans l’absolu, l’agenda de rencontres d’unE homoE avec unE psyE puisque vivre son homosexualité *sic* ne passe pas par une prise hormonale et/ou une chirurgie, qui ici reste soumise à une expertise psychiatrique.
Mais, sympathique similitude, la loi ne faisant pas ce que pensent les gentes, ça n’a pas empêché en 1981 beaucoup de monde de continuer de considérer les homoEs comme des malades, ça n’a pas empêché des parents de tenter des “ré-éducation”et certainEs psyEs de proposer ce service, et donc notre décret n’aurait rien changer à ce que pense les psyEs de nous.
Nous voici donc dans une situation inédite qui veut que la “Loi” ne nous considère plus malades mentales, ce que nous n’étions clairement que depuis octobre 2004 d’ailleurs, mais le corps médical nous accueillera toujours par son service de psychiatrie.
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De retour à une situation antérieure avec Doc Bachelot et Marty Bedos et notre décret-DeLorean, se pose la question de ce qui sera pris en charge et à quelles conditions. Car qui dit ALD, dit liste des actes pris en charges, et le décret parle bien d’une ”exonération de participation au titre du 4o de l’article L. 322-3 du code de la sécurité sociale”, qui dit :
a) Le bénéficiaire est reconnu atteint par le service du contrôle médical soit d’une affection grave caractérisée ne figurant pas sur la liste mentionnée ci-dessus, soit de plusieurs affections entraînant un état pathologique invalidant ;
b) Cette ou ces affections nécessitent un traitement prolongé et une thérapeutique particulièrement coûteuse ;
Le “petit b” nous laisse espérer donc pour la chirurgie mais, là encore, ne nous dit pas si cela prendra en charge celles réalisées autrement qu’en France dont le retard en terme technique n’est plus à démontrer. Y aura t-il de nouveaux des batailles de E-112, le formulaire permettant le remboursement de soins réalisés à l’étranger une fois démontrer qu’il n’aurait pas été possible d’avoir aussi bien en France ? Bref rien n’est joué.
Et a-lors ?
Il y a clairement un virage qui s’opère mais qui peut parfaitement aller dans le décor, les mois qui vont suivre nous apporterons les réponses aux conditions de reconnaissances de la TSidentité par le corps médical, de la liste de ce qui est pris en charge et de quelS pointS d’entréS (hôpitaux, secteur privé, mixte, “centres de compétences) nous sont ouverts.
Mais, et pour en revenir au titre, il n’y aura pas eu à proprement parler de dépsychiatrisation mais une dépathologisation administrative, d’où le piège des mots, d’où un achoppement dans le monde associatif. Et cet autre piège, le piège des maux, c’est que l’idée de maladie n’aura pas été dépassée, qu’un refondement complet de l’approche, similaire à la question de la grossesse en tant qu’ état, n’a pas eu lieu.