Était-ce si manifeste ?

Samedi dernier, j’étais dehors, dehors pour une manifestation anticoloniale, pour demander aussi la suppression du ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Le temps était clément sans être beau et le parcours déprimant à souhait. Rue de Richelieu et rue des saints-pères ne sont pas exactement des lieux passants, ni très spacieux.

A une centaine de mètres du ministère, nous fûmes stoppéEs par un cordon de C.R.S. venus avec boucliers, tenues anti-émeutes et grilles montées sur leurs véhicules… l’étroitesse des lieux avaient du reléguer l’option camion avec lance à eau à un autre jour.

La foule bon enfant que nous formions ne leur avait pas semblé menaçante puisqu’au départ seul des agents de police assuraient notre encadrement mais l’hypothèse de nous voir effectivement devant le ministère étant impensable. À quel titre? Menace terroriste? Peur qu’une fois devant les pierres nous ne nous soyons muéEs en féroces entités?

Je suis allée sur le devant, je suis allée parler aux CRS par curiosité, j’ai été goguenarde… les CRS nous ont filmés… d’autres manifestants m’ont demandé de cesser mes provocations…

Si même l’humour parait tel une lame à ceulles qui sont venuEs manifester, je me demande ce qu’iels sont venuEs faire? Marcher dans la rue comme des G.M. entourés des C.R.S.-G.O.? Car il m’apparait naïf de croire que le changement ne s’inscrivent que dans des démarches consensuelles, que l’histoire des conflits sociaux montrent bien que la fermeté et la détermination sont importantes. La ligne de partage de la notion de la violence a bougé, à tel point que la moindre désobéissance paraisse si hors de propos ? Malgré certains de mes propos lâchés par pur provocation auprès de militantEs, non je ne rêve pas de guérilla urbaine mais oui, je rêve bien de passer des barricades idiotes, d’entrer en des lieux qui réfutent d’autres paroles que la leur et où l’on ne rêve que de mondes peuplés de clones.

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